Sur TV5 Monde : Bilie By Nze fustige la « déconnexion » du pouvoir sur la Dette, la Diplomatie et la Gouvernance.
Description
LIBREVILLE, Gabon-Dans un entretien exclusif accordé à TV5MONDE ce mercredi 4 février 2026, Alain Claude Bilie By Nze, ancien Premier ministre et actuel président du parti d'opposition Ensemble Pour le Gabon (EPG), au-delà des critiques concernant la crise à l’éducation nationale, a vivement critiqué la gestion du pays par le régime en place. Abordant la crise de l'endettement public, l'isolement diplomatique et la gouvernance générale. L'opposant a dressé un tableau sombre de la situation gabonaise, fustigeant une « déconnexion » des autorités et appelant à une refondation.
L'Endettement
National : un fardeau alourdi par le régime actuel
Face aux accusations du gouvernement attribuant
l'endettement à l'ancien régime d'Ali Bongo, auquel il a participé, Alain
Claude Bilie By Nze a réfuté toute responsabilité, chiffres à l'appui. Il a
rappelé qu'à son départ, la dette de l'État s'élevait à 56% du PIB. Trois ans
plus tard, elle atteint 73% et est projetée à 80% fin 2026, puis 85% en 2027.
« C'est le gouvernement actuel qui a lourdement
endetté le pays », a-t-il affirmé, soulignant que ces chiffres dépassent
largement les critères de convergence de la CEMAC (70%). Il a rejeté
l'accusation d'hypocrisie, citant les indicateurs clairs du FMI, de la Banque
Mondiale et de la CEMAC qui, selon lui, « démontrent qu'avant les
militaires, nous avions une gestion plus maîtrisée ». Il a ajouté que les
chiffres actuels du Gabon « menacent l'équilibre de la CEMAC ».
Isolement
Diplomatique et Perte d'Influence
Le président de l'EPG a également abordé la situation
diplomatique du Gabon, confirmant l'exclusion du pays de l'AGOA (African Growth
and Opportunity Act) pour un an. Il a interprété cette décision, combinée aux
restrictions de visas pour les Gabonais aux États-Unis et la fermeture des
portes de l'Australie, comme un signe clair d'isolement. « Il ne suffit
pas de rentrer de Washington avec une casquette », a-t-il ironisé,
soulignant que le Gabon est « désormais absent sur la question
diplomatique ».
Une Gouvernance
« Déconnectée » et la Peur du
Peuple
Bilie By Nze a accusé le pouvoir d'être « incohérent »
et « déconnecté ». Il a fustigé un régime qui, après avoir promis de
tout renouveler, « produit la même chose en pire », qu'il a qualifié
de « République des copains, coquins et consanguins ». Pour illustrer
cette « déconnexion », il a cité la construction d'une « cité à
la démocratie » pour accueillir des chefs d'État avec 52 villas, alors que
le pays manque d'écoles et de dispensaires. Il a également pointé du doigt les
tours construites à Libreville alors que des quartiers manquent d'eau et
d'électricité, et subissent des inondations.
Concernant l'absence de manifestations, l'opposant a
estimé que le « désenchantement » est perceptible, mais que le peuple
« vit dans la peur » d'être emprisonné, en raison de l'arrestation de
journalistes et syndicalistes. Il a cependant averti que la « cocotte est
en train de monter » face à la cherté de la vie, l'absence de solutions
pour l'emploi et l'inflation galopante, prédisant que les Gabonais « vont
s'exprimer dans les semaines et les mois à venir ».
Précisions sur
la controverse : Les « Gabonais vivent au-dessus de leurs moyens »
Interrogé sur la polémique entourant une ancienne
déclaration où il aurait affirmé que les Gabonais vivaient « au-dessus de
leurs moyens », Bilie By Nze a qualifié cette interprétation de « détournement ».
Il a expliqué avoir constaté les difficultés sociales lors de ses tournées et
avoir proposé des « assises sociales contre la vie chère ». Ses
propos visaient à « interpeller sur les risques du surendettement »,
notamment le choix d'acquérir des biens de luxe (comme un smartphone à 1,5
million de francs CFA) avec un salaire modeste, plutôt que d'investir. Il a
réaffirmé que son gouvernement avait pris des mesures concrètes pour freiner
l'inflation, contrairement au régime actuel.
Stratégie d'EPG
et Bilan Personnel
Le président d'EPG a qualifié le pouvoir actuel de « fragile »,
car « fondé sur le mensonge, sur la trahison », avec des institutions
non renouvelées. Son parti compte s'implanter et œuvrer pour une refondation de
la Constitution, appelant à des « états généraux de la nation ». Il a
jugé « intenable » un mandat de sept ans, qui, ajouté aux deux ans de
transition, ferait neuf ans au pouvoir.
Quant à son propre bilan de sept mois à la primature
sous l'ancien régime, Alain Claude Bilie By Nze a mis en avant le maintien de
l'endettement en deçà des critères de la CEMAC, le paiement des bourses
d'études à l'étranger et le maintien de la CNAMGS (assurance maladie), des
acquis qui, selon lui, ne sont plus garantis aujourd'hui.
In fine, l’ancien Premier ministre et président du
parti politique de l'opposition Ensemble Pour le Gabon (EPG), a justifié sa
position de « rupture » en affirmant avoir combattu le système auquel
il avait adhéré et avoir fait le choix, après le coup d'État, de ne pas
collaborer avec les autorités actuelles. Il a martelé qu'il est impossible de « continuer
à faire la même chose avec les mêmes personnes et espérer un résultat différent »,
se posant ainsi comme une alternative crédible pour l'avenir du Gabon.
A propos de cet Article
Catégorie : POLITIQUE
En ligne depuis : 04/02/2026
Auteur : Gérauds Wilfried OBANGOME
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