"100 jours" du gouvernement : « Un trompe-l'œil sémantique plutôt qu'un nouveau départ », dixit Bilie By Nze
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LIBREVILLE, Gabon-Dans une publication largement partagée sur les réseaux sociaux ce
mercredi, Alain Claude Bilie By Nze, le Président du parti de l'opposition
Ensemble Pour le Gabon (EPG), a critiquée le gouvernement gabonais qui, près
d'un an après l’élection présidentielle, chercherait à réactiver le mythe des « 100
jours". Selon ce dernier, cette initiative ne serait qu'une "illusion
d’un nouveau départ", dénonçant un glissement sémantique flagrant et un
détournement de sens historique et institutionnel d'une notion politiquement
chargée.
Les nouvelles autorités gabonaises semblent versées
dans une « lecture fragmentaire de l’histoire politique », selon Bilie
By Nze, qui souligne leur propension à extraire des fragments de langage –
"rupture", "nouvelle République", "refondation",
"restauration de l’État" – pour bâtir un récit. Or, à ce stade, ces
mots résonnent davantage comme un registre sémantique vide de substance
structurelle. « Gouverner suppose de comprendre la portée des concepts que
l’on invoque », insiste l'opposant, tout en invitant à comprendre la
portée des concepts invoqués, particulièrement celui des « 100 jours ».
Le concept, selon l’ancien Premier ministre, ne
saurait être « un glissement sémantique et, plus profondément, un
détournement du sens historique et institutionnel de cette expression » pour
corriger un « calendrier républicain a déjà largement commencé son cours ».
De fait, près d'un an après, Alain Claude Bilie By Nze
estime que « l’heure est au bilan, pas au lancement ». Le président
de l'EPG martèle qu'à ce stade, « on en assume les résultats."
La maturité démocratique, argumente Bilie By Nze, ne
saurait se contenter d'effets d'annonce. Elle repose sur la continuité de
l'action publique, la transparence des résultats et l'évaluation régulière des
politiques. La question, après presque un an, n'est plus "Que ferez-vous en
100 jours ?", mais plutôt "Qu'avez-vous fait depuis le premier jour
?".
Alain Claude Bilie By Nze souligne également que, dans
les régimes semi-présidentiels, les "100 jours" correspondaient à
l'entrée en fonction d'un nouveau gouvernement après son investiture
parlementaire et le discours de politique générale du Premier ministre. Il
rappelle d'ailleurs avoir lui-même appliqué cette notion lorsqu'il était
Premier ministre, l'inscrivant dans un calendrier de responsabilité avec une
feuille de route formalisée et un bilan régulier. C'était un exercice de
responsabilité adossé à un acte institutionnel. Cependant, avec la suppression
de la fonction de Premier ministre dans l'architecture institutionnelle
actuelle du Gabon – le Président de la République étant devenu Chef du
Gouvernement sans discours de politique générale ni investiture parlementaire distincte
– l'invocation des "100 jours" perd toute assise institutionnelle
identifiable. Elle ne correspond ni à un début de mandat, ni à une investiture
nouvelle, ni à une séquence constitutionnelle précise, transformant ce qui
était « un exercice de responsabilité en un simple outil de communication ».
« Lorsqu’un concept est repris sans le cadre qui
lui donnait sa légitimité, il change de nature. Ce qui relevait d’un exercice
de responsabilité devient un outil de communication », a-t-il conclu.
A propos de cet Article
Catégorie : POLITIQUE
En ligne depuis : 25/02/2026
Auteur : Gérauds Wilfried OBANGOME
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