Crimes "rituels" : Trêve de paroles, des actes! Dixit Alain-Claude Bilié-By-Nze
Description
LIBREVILLE, Gabon-Alain-Claude
Bilié-By-Nze, l’ancien Premier ministre et président du parti politique de l’opposition
gabonaise, Ensemble Pour le Gabon, a exprimé lundi, ses préoccupations face à
la situation alarmante au pays dans une publication sur les réseaux sociaux. Il
a souligné l'inquiétude croissante des Gabonais face aux récents assassinats et
à l’augmentation des disparitions, notamment celle d'enfants, qui a engendré un
climat de peur et d'incertitude au sein de la société.
« Trêve de paroles, des actes ! Dans ces moments où la Nation s’interroge, se recueille et pleure ses enfants, la décence commande qu’il ne soit laissé aucune place à la polémique ni aux débats stériles », a–t-il indiqué.
Les propos de l'ex Premier ministre soulignent un
besoin crucial de transparence et de responsabilité. La réponse du gouvernement
doit aller au-delà de la simple rhétorique. Elle doit impliquer une action
policière rapide et efficace, une communication publique responsable, des
enquêtes approfondies et, surtout, des conséquences pour tout acte
répréhensible, quelle que soit la position de son auteur.
« C’est à la lumière de cette exigence de vérité,
de responsabilité et de compassion que s’inscrit la présente réflexion sur les
signalements d’enlèvements et de disparitions, notamment d’enfants, qui se
multiplient dans notre pays », affirme-t-il.
Des tragédies qui peuvent parfois mener à des conséquences irréversibles.
Une question demeure : les récents événements
rapportés par les médias, concernant la disparition d'un adolescent de 13 ans
et la découverte du corps d'un garçon du même âge, sont-ils liés ? Cette
incertitude met en lumière l'importance d'une communication publique claire et
cohérente. Parallèlement, des situations où la confusion, les rumeurs et le
manque de transparence des autorités ont exacerbé la psychose, ont conduit à
une intervention judiciaire pour tenter de rétablir des faits qui enflammaient
le pays.
À ce stade, la problématique dépasse le cadre criminel
pour devenir politique et institutionnelle, car un pouvoir qui se veut garant
de l'ordre est évalué sur la sécurité réelle des citoyens. Pour ACBBN, « il
ne s'agit pas seulement de protéger les cortèges ou les institutions, mais de
garantir la sécurité des familles, des mères, des enfants et des quartiers ».
Et l’Etat de droit dans tout ça?
Cette problématique soulève d'importantes inquiétudes
concernant l'application de la justice et la protection des droits fondamentaux
des citoyens. Au Gabon, les crimes de sang, tels que les homicides,
représentent un défi majeur pour les institutions judiciaires, souvent jugées
inefficaces ou corrompues. L'État de droit, censé assurer l'égalité devant la
loi et la protection des victimes, est parfois contourné par des pratiques
d'impunité et des influences politiques. Les victimes rencontrent fréquemment
des difficultés pour obtenir justice, ce qui remet en question la capacité de
l'État à maintenir l'ordre public et à garantir la sécurité de ses citoyens.
Dans ce contexte, les propos du chef de l’Exécutif sur l'existence de «
présumés coupables » nécessitent une clarification fondamentale.
« Un pouvoir qui se réclame de la restauration de
l’ordre se doit d’être exemplaire dans le respect des principes qu’il prétend
défendre », a rappelé Bilie By Nze.
La mise en place d'un système national d'alerte pour
les personnes disparues, d'une unité spécialisée au sein du système judiciaire
et d'une protection pour les témoins et les familles sont des mesures
essentielles. La création d'un parquet spécialisé dans les crimes de sang dits « crimes
rituels » est également une mesure cruciale. L'accent mis sur des résultats
mesurables – le nombre de plaintes, d'enquêtes, d'arrestations et de
condamnations – est une exigence de progrès tangibles.
La rupture ne doit pas se réduire à de simples slogans
Cela implique la mise en œuvre de mesures de
prévention robustes, la conduite d'enquêtes approfondies, ainsi que
l'arrestation et le jugement des individus impliqués dans des activités
illégales. Ces étapes sont essentielles pour garantir que la rupture soit non
seulement un concept, mais également une réalité palpable, permettant ainsi de
lutter efficacement contre les problèmes qui nécessitent une attention urgente.
En intégrant ces actions concrètes, on peut espérer instaurer un changement
durable et significatif dans la société.
Lorsque les disparitions deviennent courantes, cela
révèle non seulement un échec des patrouilles, mais aussi des lacunes dans le
renseignement local, la police judiciaire, la coordination, le suivi des
plaintes, la protection des témoins et l'ensemble de la chaîne pénale. Dans ce
contexte, l'absence d'informations fiables favorise la propagation de rumeurs,
qui alimentent la peur. L'expérience récente a démontré que lorsque l'État
tarde à communiquer, d'autres prennent la parole à sa place, créant ainsi un
climat de méfiance généralisée.
Ce qui est particulièrement préoccupant dans la
société gabonaise actuelle, ce n'est pas seulement la criminalité, mais l'idée
que celle-ci peut prospérer avec des protections. Les récits médiatiques
concernant des enlèvements impliquant des membres des forces de sécurité, bien
qu'à traiter avec prudence, soulignent la fragilité de la confiance. En
l'absence de cette confiance, la population se retrouve dans une situation
d'insécurité et de désespoir.
L'aspect le plus préoccupant est le risque d'érosion
de l'État de droit. L'ancien Premier ministre souligne à juste titre que l'utilisation
de termes tels que « présumé coupable » par le chef de l'exécutif porte
atteinte au principe de la présomption d'innocence. Il ne s'agit pas d'un
simple détail sémantique, mais d'un principe fondamental d'une société juste.
« Le Gabon n’a pas besoin de discours martiaux de
plus. Il a besoin d’un État qui protège, qui informe, et qui juge. Parce qu’un
pays où les enfants disparaissent est un pays où l’avenir est pris en otage »,
souligne l’ex Premier ministre Alain Claude Bilie By Nze.
La voie à suivre exige un engagement en faveur de la
justice, de la transparence et de la protection de nos citoyens les plus
vulnérables. Il s'agit d'un appel à l'action, et pas seulement de mots.
De cet impératif, Bilie By Nze propose « d'établir
un dispositif national d'alerte en cas de disparition, qui soit simple,
immédiat et sans lourdeur administrative ». Parallèlement, « une
cellule spécialisée au sein de la police judiciaire et du parquet » doit
être mise en place pour traiter les cas de disparitions et d'enlèvements, avec
un suivi rigoureux des plaintes et des statistiques accessibles au public. « La
protection des témoins et des familles », pour lui est essentielle pour
encourager la coopération, « sinon tout le monde se tait ».
De plus, « il est crucial de créer un parquet
dédié à la répression des crimes dits rituels », tout en adoptant une « politique
de tolérance zéro envers les complicités », avec des sanctions exemplaires
pour les agents impliqués et une transparence totale sur la chaîne de
responsabilité.
Enfin, il pense qu’il est nécessaire de « publier
régulièrement les résultats » des enquêtes, incluant « le nombre de
plaintes, d'enquêtes ouvertes, d'interpellations, de renvois devant le juge et
de condamnations », tout en renforçant l'engagement « des acteurs
politiques, des confessions religieuses et des associations de défense des
droits humains ».
A propos de cet Article
Catégorie : SOCIETE
En ligne depuis : 29/12/2025
Auteur : Gérauds Wilfried OBANGOME
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