« Tout se Dire » : Les leçons du passé de Bilie By Nze
Description
LIBREVILLE, GABON-Dans
l’épisode 12 de "Tout se
Dire", intitulé ''Un homme, une histoire, un parcours'', Alain-Claude
Bilie-By-Nze, le président du parti politique Ensemble Pour le Gabon (EPG),
tout en se remémorant les événements
marquants de 1993, a souligné la nécessité d'un courage collectif pour faire
face à une réalité complexe, où le passé et le présent politique s'entrelacent
de manière indissociable.
Un Tournant Historique : La Contestation de
l’élection d'Omar Bongo
L'histoire commence en 1993, lorsque des
étudiants et des acteurs politiques, réunis sur le campus, prennent une
décision audacieuse. Après l'élection présidentielle, qui a vu Omar Bongo
triompher dans des circonstances contestées, ces jeunes leaders ont contesté sa
légitimité. « Je signerai de ma main une lettre adressée à Omar Bongo pour
contester sa victoire, qu’on ne le reconnait plus comme président et que pour
nous, le président c’est Mba Abessole. Je le fais en janvier 1994 », dit
Bilie By Nze, ancien leader estudiantin d’alors, soucieux de faire entendre sa
voix. Cette contestation a marqué le début d'une crise profonde dans le pays et
a ouvert la voie à des changements nécessaires dans le paysage politique
gabonais.
Le mouvement avait entraîné des actions
parallèles, notamment la décision de débaptiser l'Université Omar Bongo en
faveur d'un hommage à Joseph Rendjambé. Cet acte symbolique a été le fruit
d'une collaboration entre les étudiants et certains enseignants, désirant
affirmer leur désaccord avec un régime qu'ils considéraient comme corrompu.
« Je me souviens qu’avec Aimé
Mapangou, Armand Paul Beh. Biyogo, Marcus Ondo Minko et quelques autres, nous
nous étions organisés pour aller voir Pierre Claver Maganga Moussavou qui, dans
le gouvernement de Mba Abessole, dirigé par Pierre André Kombila, était
ministre de l’enseignement supérieur et de l’éducation nationale. Et on se
retrouve au siège du FAR qui se trouvait à l’époque au quartier dit Sociga. Et
c’est là qu’on rédige le discours que Maganga Moussavou allait pouvoir
prononcer dans le cadre de la rentrée scolaire que nous avions décidé »,
rappelle-t-il.
Une Éducation Politique au Cœur de la
Résistance
La nécessité de changer le cursus
politique a également été ressentie dans le domaine de l'éducation. En refusant
de reconnaître le gouvernement d’Oyé Mba, les étudiants ont fixé une date de
rentrée au 10 janvier 1994, marquant ainsi leur détermination à ne pas céder
face à une autorité qu'ils ne considéraient pas légitime. Ce qui fut
extraordinairement le cas.
Pour Bilie By Nze, « l’occasion
manqué ça a été également de consolider ces acquis. Notamment la constitution
de 1991, avec un mandat de 5ans renouvelable 1 fois, avec un équilibre des
pouvoirs, avec l’exécutif doté d’un premier ministre responsable devant le
parlement…», pense-t-il.
Cette période de lutte et de résistance a
été à la fois une opportunité et un défi. Alain Claude, en faisant référence à
la Constitution de mars 1991, qui avait instauré un équilibre des pouvoirs et
une démocratie naissante, note que « la dégradation de ces acquis » ait
été l'élément déclencheur de la crise actuelle, culminant dans le coup d'État
de 2023.
Une Crise de l'Engagement Citoyen
L'évolution politique du Gabon a révélé
des crises facettes. Les opposants d'Omar Bongo, selon lui, ont progressivement
abandonné leur lutte pour le changement au profit d'une complicité qui a sapé
les fondements mêmes de la démocratie.
« C’est aussi la crise des
institutions, la crise de la démocratie, la crise des partis politiques, la
crise de l’engagement citoyen, la crise aussi des acteurs politiques qui,
progressivement, ont laissé tomber leur lutte et ce sont alliés à Omar bongo »,
indique Bilie By Nze.
« Il faut être prudent en parlant de
cette période », a-t-il souligné, appelant à une remise en question de la
manière dont les acteurs politiques ont navigué dans ce paysage complexe. Pour
Bilie By Nze, la demande d'une « commission Vérité, Justice, Réparation et
Réconciliation » a été proposée par lui, comme un moyen d'intégrer ces
leçons du passé, en reconnaissant que la vie politique n'est pas uniquement une
question de polarisation entre bons et méchants.
Une Réflexion Nécessaire pour l'Avenir
Alors que le Gabon se retrouve à un
tournant de son histoire politique, cette introspection est plus que jamais
d'actualité. Pour lui, les jeunes générations, souvent déconnectées des luttes
des anciens, doivent comprendre que les acteurs politiques d'aujourd'hui ont
également des racines dans le système qu'ils contestent. « Les enfants qui
ont 30ans aujourd’hui peuvent penser que certains acteurs politiques qui se
sont opposés à Ali Bongo, par exemple, avaient toujours été opposants, non ! »,
affirme-t-il. « Nombre d'entre eux, sinon la plupart, avaient participé à
la gestion de l'État au sein du PDG », a-t-il rappelé, incitant ainsi à un
examen critique des parcours politiques.
En fin de compte, le message d’Alain
Claude Bilie By Nze est clair : il faut
fouiller dans l’histoire individuelle et commune des gabonais, apprendre
des erreurs et travailler ensemble à la reconstruction d'un Gabon plus juste et
démocratique.
A propos de cet Article
Catégorie : POLITIQUE
En ligne depuis : 30/10/2025
Auteur : Gérauds Wilfried OBANGOME
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